Si c’est un homme

si-c-est-un-homme-68468

J’ai toujours refusé de lire des œuvres portant sur la guerre, les médias nous bombardaient déjà assez comme ça, avec un nombre incalculable de documentaires, films, émissions et bouquins sans que j’ai besoin de m’y jeter moi aussi volontairement. Les cours d’Histoire qui décortiquaient le sujet se répétaient tous, les cérémonies officielles également et même le marchand de journaux s’y mettait ! Bref, je comptais passer ma vie sans m’arrêter sur la littérature de guerre, lorsqu’un énième texte nous a été servi en cours dont l’auteur se trouvait être Primo Levi. Et là le déclic, une pulsion plus exactement m’a poussé à aller emprunter Si c’est un homme

Primo Levi était un écrivain italien, le titre original de son œuvre est Se questo è un uomo, publié en 1947 en Italie et seulement quarante ans plus tard en France, la même année que celle de sa mort.

Si c’est un homme est une œuvre autobiographique, les faits relatés prennent leur place un an avant la fin de la guerre 1939-45. Primo Levi est fait prisonnier par la milice fasciste et envoyé à Monowitz, un des camps auxiliaires d’Auschwitz, où il travaillera à la Buna qui fait figure de chantier de construction pour une usine de caoutchouc. Les conditions de vie sont pénibles et inhumaines. Les hommes perdent leur nom, leurs vêtements et toutes traces de dignité, fierté, humanité. Ils sont robotisés, réduits à une simple main-d’œuvre remplaçable et échangeable. Malgré la misère, les mauvais traitements et la faim permanente, Primo Levi ne se laisse pas aller au sentiment de haine, aux jugements et à la vengeance. Sa seule préoccupation est la survie, survivre pour pouvoir redevenir un homme libre et digne, revoir les gens qui comptent pour lui, retrouver la simplicité d’un bon repas partagé.

Avec Si c’est un homme, je m’attendais à trouver le récit de moments violents et terribles. On comprend pourtant dès les premières pages que l’œuvre n’aura pas cette inclination. Primo Levi raconte son histoire, relate des faits, décrit des situations et met sur papier les réflexions qui l’accompagnent. La description du quotidien est minutieuse et presque absurde, la volonté des dirigeants du camp de faire de ces hommes des esclaves paraît irréelle. A côté de ça, le désir de survie de Primo Levi est signe de respect, il mène un combat de tous les jours sans repos ni concessions. On ne s’imagine pas les milles petites choses qui font que dans ces conditions un homme va vivre et l’autre pas.

Si c’est un homme est pour moi une vraie œuvre littéraire et pas seulement un récit de guerre. C’est la réflexion sur la condition humaine, sur tout ce qui fait que l’Homme est libre et à droit à la dignité qui m’a beaucoup intéressé. Je ne suis pas déçue d’avoir enfin sauté le pas avec le livre de Primo Levi comme première lecture sur cette période.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s