Être pesco-végétarienne

Etre pesco-végétarienne

Dans quelques mois, cela fera 2 ans que je suis devenue pesco-végétarienne. Pour la petite définition, être pesco-végétarien signifie ne pas consommer de viande rouge ni blanche, seulement du poisson et des fruits de mer. Ne plus consommer de chair animal est un mode de vie de plus en plus répandu et devient un choix beaucoup moins compliqué à assumer dans notre société actuelle. Grâce à l’essor du bio et au succès des restaurants végétariens / végétaliens, suivre ce chemin par conviction et / ou pour des raisons de santé n’est plus un fait rare.

Bien sûr, il y aura toujours les sceptiques, les fermés d’esprit et ceux qui veulent juste faire suer le monde, mais nous sommes plus nombreux à nous serrer les coudes et faire que les mentalités évoluent.

~ Le cheminement ~

Rome ne s’est pas faite en un jour et ma prise de conscience non plus. J’avoue que pendant des années j’étais celle qui disait « Je pourrai pas devenir végétarienne, j’aime trop mon steak ». Et puis, devant les reportages sur les abattoirs je m’écriais farouchement « De toute façon je vais devenir végétarienne ! ». Pas facile cependant, voir impensable, d’arrêter la viande lorsque sa consommation est tellement ancrée dans les habitudes et le quotidien, au point d’en manger tous les jours. Pas le choix bien sûr lorsque ce n’est pas nous qui faisons les repas. Et puis, on finit par oublier les images de souffrance à la télé, on a déjà bien assez à faire avec l’école et la console.

Bien des années plus tard, l’entrée à la fac bouscule enfin les choses. Toute seule dans une chambre d’étudiant pendant la semaine, libre de penser et réaliser ses propres repas sous le seul regard de son estomac, le changement s’opère plus facilement. Lorsqu’on est étudiant, manger de la viande est un luxe, et non celle du macdo ne compte pas, alors forcement les rations diminuent et l’envie aussi. Durant 3 ans, j’ai diminué progressivement mes apports en viande, jusqu’à ne plus en manger que le weekend. Les plats en contenant ne me faisaient plus envie, ne m’apportaient plus aucun plaisir gustatif, c’était le moment d’arrêter. En mars 2014 j’ai mangé mon dernier repas à base de viande, du magret de canard, je m’en souviens encore.

~ Les débuts ~

On a l’impression de faire peau neuve, de démarrer une nouvelle vie, excitée comme une puce devant un nouveau jouet. On se sent fière, l’impression de faire partie d’un truc énorme et grandiose, plus qu’une idée en tête « Moi aussi j’en suis maintenant ». Dans les faits, on a intérêt à se prendre au sérieux niveau équilibre alimentaire car il faut trouver d’autres sources de protéines si on ne veut pas être forcé de manger des œufs tous les jours. Légumes divers et variés, lentilles et soja sont excellents à ce niveau là.

Les débuts du végétarisme se soldent souvent par cette question, par quoi remplacer la viande lors des repas ? Entre les patates et les haricots il y a désormais un trou qu’il faut combler. C’est généralement là qu’on découvre le merveilleux monde des steaks de soja, galette de boulgour et d’épeautre. Tout ce qui a l’aspect d’un steak, et parfois même quasiment le goût, sans toutefois en être. Psychologiquement, je pense que ça aide de voir un truc qui ressemble à de la viande dans son assiette, ne serait-ce que pour ne pas se sentir exclu des autres lors des repas. Au fil du temps pourtant je me suis désintéressée de tous ces pseudo-substituts, surtout car leurs saveurs ont fini par me rebuter.

~ Une nouvelle manière de cuisiner ~

Comme si l’absence de viande m’avait ouvert les yeux sur des ingrédients que je n’avais jamais utilisés, je me suis mise à cuisiner avec passion. J’ai découvert et redécouvert des plats simples à préparer et pourtant tellement délicieux. J’adore sortir ma planche à découper, qui me sert d’ailleurs tous les jours, et trancher des légumes aux couleurs chatoyantes. Lorsqu’avant je me contentais d’ouvrir une boite de conserve pour mes apports en verdure, aujourd’hui je ne me vois pas faire l’impasse sur le marché du samedi matin. Récemment, je me suis même découvert une réelle passion pour le brocoli, croquant lorsqu’il est revenu à la poêle avec un oignon. Bref, les fruits et légumes frais c’est la vie, les couleurs des saisons et les vrais saveurs sous le palais.

D’autres changements sont également survenus, moi qui usais voir abusais du sel, poivre ou curry, aujourd’hui je n’assaisonne quasiment plus rien et c’est un réel plaisir de retrouver le vrai goût des aliments. On me faisait d’ailleurs souvent la remarque « Tu n’as pas salé l’eau des pâtes / des pommes de terre ? Ça se sent », personnellement je ne vois aucune différence et trouve plutôt maintenant que certains plats sont trop épicés. Ce n’est pas étonnant si l’on trouve les légumes fades en ayant prit l’habitude de les noyer sous une tonne d’assaisonnements. Je prends vraiment plaisir à cuisiner, tester de nouvelles recettes, même si au début certaines se sont révélées vraiment foireuses, aujourd’hui j’ai pris le pli.

~ Les autres changements ~

Continuant sur ma lancée, j’ai arrêté le lait de vache pour le remplacer par des laits végétaux, soja, avoine ou riz, ce dernier étant d’ailleurs mon préféré. J’ai également arrêté de manger des plats préparés, trop fades ou hyper salés, et de toute façon mauvais pour l’organisme. Pour ce qui est de la pâtisserie, j’aime tester des recettes végétaliennes, sans œufs ni beurre, tout en essayant de limiter au maximum l’utilisation de sucre blanc. Exit également le surgelé, mis à part deux ou trois trucs qui ont survécu à l’épuration.

~ Ce qui reste ~

Le poisson et les fruits de mer. Parce que, même si je le déplore, j’aime ça. J’aime les sushis, les moules au laurier, les pâtes au saumon. Je n’ai absolument pas remplacé la viande par le poisson, loin de là, je n’en mange d’ailleurs que trois à quatre fois par mois. Pour l’instant, je ne me vois pas vraiment arrêter d’en manger, tant que je suis à l’aise avec ça je ne me questionne pas trop.

~ La réactions des proches ~

Honnêtement, je n’ai pas à me plaindre, personne ne m’a fait de remarques déplacées, ne m’a lancé de piques ironiques ou de moqueries lors des repas. Contrairement à ce que j’ai pu lire de l’expérience de certains, où l’intolérance et l’absence d’ouverture d’esprit ont de quoi vous mettre en rogne, j’ai beaucoup de chance. Mon choix a été accepté sans réunion extraordinaire du conseil de famille, nos relations n’ont pas changés d’un iota, même lors des repas. Il n’y a que Monsieur qui était farouchement opposé à ce changement, pensant que j’allais me dessécher sur place si je ne mangeais plus de viande. Aujourd’hui il est presque converti, il finira par me rendre chèvre.

~ Et la santé ? ~

Je suis en forme, ne souffre pas de problème de santé, et n’accuse aucune carence. Le gros plus de ce changement de régime alimentaire et l’après repas, je me souviens de cette fameuse phrase que je prononçais quasiment à chaque sortie de table « Je suis bourrée, c’est fatiguant de manger ». L’estomac rempli, la peau du ventre bien tendue, cette impression de lourdeur et cette digestion longue et pesante. Aujourd’hui ces sensations ont quasiment disparues, sauf quand je mange une raclette, là oui je me sens au bord de l’apoplexie, et je me sens beaucoup plus légère et dispo après avoir mangé.

~ Aujourd’hui ~

Voir de la viande me dégoûte presque et je suis désormais incapable de la toucher. Grande défenseuse de la cause animale, je n’hésite pas à soutenir des actions et pétitions qui me paraissent juste et me tiennent à cœur, Monsieur n’a d’ailleurs pas mis longtemps avant de me surnommer Brigitte Bardot car je m’emporte facilement devant les injustices et autres horreurs commises par le genre humain.

Malgré mon statut de pesco-végétarienne, je ne juge personne et n’ai pas vocation à être moralisatrice. Chacun fait bien ce qu’il veut de sa vie. Je ne suis pas parfaite et n’ai donc aucune légitimité à prouver que ma façon de penser ou d’agir est la meilleure. Je fais mon bonhomme de chemin en ayant foi en mes convictions, ni plus ni moins.

Voilà, j’espère que cette monstrueuse tartine nombriliste ne vous a pas découragé et que mon expérience pourra peut-être vous décider à passer le cap, vous aider dans vos débuts ou tout simplement vous occuper au toilette. Aimez-vous et soyez tolérant, paix et félicité.

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