Un hiver avec Baudelaire

Auteur : Harold Cober   Un hiver avec Baudelaire

Éditeur : Le Livre de Poche

Pages : 275

Parution : février 2012

Prix : 6,60 €

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      En ce moment, je n’arrive plus à contrôler ma façon de lire. Je ne me contente plus de grappiller quelques heures par-ci par-là, je dévore les bouquins, les bons s’entend, même si cela me fait veiller jusque une heure du matin. Un hiver avec Baudelaire n’y a pas échappé et a réussi à combler une après-midi bien grise.

~ Résumé ~

Sa femme l’a mis dehors, son CDD n’est pas prolongé, Philippe est happé dans une spirale infernale et passe de l’autre côté de la barrière sociale : SDF, confronté à la dure loi de la rue, faite de solitude, de honte et de violence. Jusqu’au jour où il rencontre Baudelaire. Grâce à cet inénarrable compagnon d’infortune, et avec l’aide d’un vendeur de kebab, d’une riche veuve et d’une dame pipi, il réussit à remonter la pente. Et à retourner à une vie normale.

La couverture de cette édition du Livre de Poche est vraiment très belle, simple et sobre mais dégageant tellement de poésie. Poésie qui se glisse d’ailleurs ici et comme avant-propos du roman sous la forme du poème « Les bons chiens » présent dans le recueil Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire. Avec une telle référence, on peut-être quasiment sûr que le récit sera à la hauteur de nos espérances, ou tout simplement se laisser porter par les mots.

La descente aux enfers du personnage principal fait vraiment froid dans le dos surtout en ayant pour contexte notre société actuelle. Viré de sa maison pour cause d’incompatibilité de classe sociale, viré de son travail pour cause de résultat médiocre, Philippe va tout perdre en quelques semaines à peine. Famille, stabilité, permis de conduire, dignité, vie. Au début il reste encore à flot, voguant de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel plus miteuses, il se bat pour revoir sa petite Claire, cherche désespérément du travail, un appartement où l’accueillir. Jusqu’à l’ultime déconvenue, privé de ressource, Philippe passe une première nuit dans la rue, puis d’autres se succèdent avec l’effrayante manie de se ressembler.

La rue devient synonyme de déchéance sociale, perte de dignité, une sorte d’entre deux stagnant ou le but est juste de survivre. Cet aspect est très bien mis en valeur dans le récit grâce à des petits chapitres d’une page relatant les journées de Philippe, « Manger. Dormir. Boire. Rester propre. Emmaüs. Mendier. Regarder la une des journaux. Penser à Claire. », ces mots, scandés tels une prière, pour ne pas tomber plus bas, ne pas devenir fou. D’autres n’ont pas ce code de conduite dans la rue et semblent déjà loin de tout.

On peut constater que l’auteur a réalisé un excellent travail de recherche sur les centres d’accueils et d’hébergements des sans-abris durant l’hiver. De la fameuse péniche très réglementée où Philippe trouvera refuge avec le chien Baudelaire, en passant par le très désastreux centre de Nanterre, tout y est très bien détaillé.

Au niveau des personnages, ils sont tous bienveillants envers Philippe, hormis son ex-belle famille bien sûr, et souhaitent tous véritablement qu’il s’en sorte. Pareil à une chaîne de solidarité, chacun y va de sa petite contribution, comme pour prouver au monde que les gens ne sont pas tous nombrilistes. Évidemment, on ne peut échapper à quelques clichés, le gentil vendeur de kebab qui fait les tombées de camion par exemple, et facilités du récit, notamment avec le chien Baudelaire qui semble être le messie qui sauvera Philippe de la rue. J’avoue qu’à certains moments le « comme par hasard » n’était pas loin, mais bon, je suppose qu’avec ce genre d’histoire un happy end est ce qu’il y a de mieux.

Un hiver avec Baudelaire reste une belle histoire d’amitié et de solidarité a apprécier pleinement, sans oublier pour autant la dure réalité de notre société actuelle sur le rapport indifférent, voire hostile, que l’on entretien bien trop souvent avec les sans-abris.

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