A Silent Voice

Auteur : Yoshitoki Oima  A Silent Voice
Éditeur : KI-OON
Parution : Janvier 2015 à avril 2016
Prix : 6,60 €

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Vous pensiez que le genre du manga ne se résumait qu’aux Kaméaméaaaaaa ! Ou au Gum Gum ! Ou encore aux Kawaïïïïïï ! Détrompez-vous, ce genre est plus riche et plus foisonnant que les vertes contrées de la Comté, Frodon Sacquet toussa toussa. Et pour vous prouver que je ne raconte pas de fadaise, sous les projecteurs aujourd’hui, la série A Silent Voice.

∼ Résumé ∼
Shoko Nishimiya est une petite fille sourde de naissance, même équipée d’un appareil auditif, elle a beaucoup de mal à comprendre les autres. Son arrivée dans une nouvelle école primaire va bouleverser la quiétude des élèves et des professeurs. D’abord objet de curiosité, Shoko va rapidement subir moqueries verbales, puis violences physiques, en particulier de la part de Shoya Ishida, le cancre de la classe et meneur des attaques contre Shoko. Un jour, c’est la brimade de trop, la famille de Shoko porte plainte et tous les élèves se retournent alors contre Shoya qu’ils désignent comme seul coupable. Après le départ de Shoko, le jeune garçon subira à son tour les railleries et coup bas de ses anciens camarades. Devenu un être solitaire, il décide d’en finir avec cette vie sans avenir qu’est la sienne, mais avant il lui reste une dernière chose à accomplir. Retrouver la jeune fille sourde qu’il avait persécuté, bien des années auparavant, afin d’obtenir son pardon.

A silent voice

Ce manga me tentait énormément car j’en avais lu beaucoup de bien sur différents blogs et puis ce n’était pas une série à rallonge dont on ne voit pas le bout. A Silent Voice traite du harcèlement scolaire, de l’intolérance, du respect, du pardon et de la vie, tout simplement. Il y a un tel bouillonnement d’émotions et de sentiments explicités ou sous-jacent, que l’on ne peut rester indifférent, surtout face à des personnages au caractère parfois bien trempé.

Justement, au niveau des protagonistes, celui qui m’a le plus intéressé est le jeune Shoya Ishida, qui opère quand même un impressionnant volte-face du premier au dernier tome. Son évolution est très bien mise en scène par l’auteur, j’ai l’image d’un diamant brut qui, au fil du taillage et du polissage, aurait atteint une forme lisse et presque parfaite. Shoya Ishida est pour moi l’exemple type du personnage qui se remet sans cesse en question, essaye d’évoluer dans un monde où il ne pense pas avoir sa place et fini malgré tout par atteindre une sorte de consécration ultime, en acceptant son existence comme légitime. Tout cela est très pompeux, mais de part sa personnalité en constante évolution, c’est de loin mon personnage préféré de la série.

A Silent Voice

Pour Shoko, j’avoue avoir eu plus de mal à comprendre sa personnalité et ses sentiments, peut-être le fait qu’elle ne parle qu’avec des gestes tout au long du manga n’a pas facilité la chose, de ce fait, elle reste un peu une énigme pour moi. Et du coup, je comprend un peu mieux pourquoi le personnage de Naoka est tellement en colère et déteste autant Shoko, lui reprochant l’éclatement de leur classe de primaire. On a vraiment l’impression que cette dernière se retient d’arborer tout sentiment, se contentant de garder un petit sourire inexpressif tout au long du manga. Il faudra cependant un tragique événement pour la faire réagir et l’obliger à reconsidérer son rapport à elle-même et aux autres.

A Silent Voice

Concernant le coup de crayon de l’auteur, il est agréable et sans fioriture, parfait pour mettre en scène la vie quotidienne du Japon contemporain. De plus, son interprétation graphique du langage des signes est très réussie, bien que je ne sois pas familière de ce mode de communication, on sent que l’auteur s’est renseigné sur le sujet et ne laisse rien au hasard. Je trouve ça fantastique d’avoir su intégrer ce langage dans un support manga, sans que cela ne plombe les différentes planches où il apparaît.

Que dire de plus sur A Silent Voice, si ce n’est que c’est un excellent manga bourré de charme et de douceur, sans oublier le sérieux du sujet qu’il traite, à savoir le harcèlement scolaire et le chemin vers la rédemption pour les anciens bourreaux devenus adultes. Je ne peux que vous conseiller cette lecture, surtout en sachant qu’un film anime, reprenant les 7 tomes, sortira en septembre de cette année au Japon. Il n’y a plus qu’à espérer une sortie française, haut les cœurs !

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