Que du bonheur !

Auteur : Rachel Corenblit  Que du bonheur !

Éditeur : Rouergue

Collection : doado

Pages : 122

Parution : mai 2016

Prix : 10,20 €

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

Dans le cadre de mon super boulot je suis amenée à lire beaucoup, beaucoup de livres, de tous horizons confondus. Si j’étais hyper zélée, je devrais écrire une chronique quasiment tous les jours, mais pour cela, des journées de trente heures ne seraient pas du luxe. Trêve de blabla, aujourd’hui il va être question d’un joli petit roman publié chez Rouergue, dont j’adore les jaquettes des bouquins, et qui est parfait pour accompagner un moment détente.

∼ Résumé ∼

Moi, Angela Milhat, presque quinze ans, les cheveux presque bruns, les yeux presque verts, les dents presque droites, je vais te raconter mon année maudite. L’enchaînement des évènements les plus pourris que tu peux imaginer : un nez cassé, un divorce à gérer, une ultra trahison d’une ex-meilleure amie, la mort d’un chat, des vacances en Ariège et l’élection de miss camping ! Sur mon calendrier des malheurs, j’ai même ajouté les photos. Mais qu’est-ce que j’ai pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça ?

Une phrase mesdames, messieurs, une seule phrase à la toute première page du roman m’a d’emblée persuadé que j’allais apprécier ma lecture et, surtout, bien me marrer. Cette phrase la voici  » ma vie est une bouse de vache qui sèche en plein soleil : plate, puante et inutile… « , osez me dire que ce n’est pas une entrée en matière qui ne donne pas envie de se bidonner en imaginant la fameuse bouse. On pourra dire ce qu’on veut sur l’humour pipi, caca, prout, mais ça fait toujours son petit effet, surtout lorsqu’on ne s’y attend pas. Voilà donc comment, confiante et revigorée, j’ai débuté ma lecture de Que du bonheur !

Écrit à la manière d’un journal intime, le récit se découpe en vingt-sept courts chapitres, relatant une année de vie de la narratrice. Telles les sept plaies d’Égypte s’abattant sur sa population, Angela va subir sept malheurs au cours de cette année, redoublement, divorce de ses parents, mort du chat et autres joyeusetés viendront mettre à l’épreuve le fragile équilibre de la jeune fille. Noyant son chagrin dans la nourriture qu’elle ingurgite de manière compulsive, frôlant la dépression, Angela n’a plus goût à rien et s’isole de plus en plus du reste du monde.

Présenté comme ça, on pourrait s’attendre à un drame social classique, et je pense que c’est le cas, mais qu’est-ce que c’est drôle. Parce qu’Angela nous décrit toutes ses mauvaises passes avec un second degré absolument incroyable et délicieux, qu’on se demande presque si elle prend tout cela au sérieux. Un chapitre entier est consacré à la définition des « boulets », avec entre autres « le boulet muet, le vrai-faux boulet ou le boulet mal sapé », c’est drôle, cynique et criant de vérité. Un autre chapitre relate quant-à lui une crise de boulimie où la jeune fille engloutit tout le contenu du frigo, là encore le sérieux de la situation passe à travers le filtre d’un humour décalé qui se veut dédramatisant. Angela décrit et chronomètre tout ce qu’elle mange comme si elle participait à un junk food marathon.

Je crois que c’est ce qui m’a le plus plu dans ce roman, le fait de traiter de sujets très sérieux sous le prisme d’une innocence mise à mal qui se défend avec le seul bouclier lui offrant un semblant d’abri, le second degré. Du coup, malgré tous les malheurs et la poisse d’Angela, pas de déprime possible, pas de prise en pitié ni de larmoiement inutile. La jeune fille semble au bord du gouffre, mais à aucun moment on ne le ressent car elle arrive toujours à détourner les choses sous un autre angle. Que du bonheur ! est pour moi un très chouette roman ado qui se laisse lire tout simplement avec le sourire aux lèvres.

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